Gif Atelier


L'atelier d'écriture de Gardanne se déroule au siège de l'AAI, 35 Rue Borely, 13120 Gardanne
chaque vendredi de 14h à 16h.
Pour contacter l'AAI utiliser l'adresse e-mail : aai.esj@wanadoo.fr ) ou téléphoner au 0442515299

L'atelier d'écriture de la Méjanes d'Aix se déroule chaque jeudi de 10h à 12h à la Mareschale, 27 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence (TEL : 04.42.59.19.71 - e-mail Ecrits.Alaai@gmail.com ) et aussi le premier lundi du mois (même heure, même lieu).

L'animation ci -dessous représente l'aspect avant tout ludique de cet atelier gratuit ouvert à tous. Du rire et de la légèreté...

vendredi 23 novembre 2012

Stars bestiales

Dali - Sauterelle du GRAND MASTURBATEUR


Atelier du 23 novembre 2012 : Textes produits

Le danseur de tango


            Le beau danseur de tango est nonchalamment installé sur un tabouret à la chaleur du soleil. Son sang en est réchauffé ce qui le réveille. Il sent les vibrations de la musique qui lui donnent envie de bouger.
Alors il se glisse au bas du tabouret et ondule de son corps souple vers une éventuelle partenaire qu’il vient d’apercevoir les yeux encore entrebâillés par le sommeil. Il se love près d’elle avec application d’un beau rond bien appliqué, elle ne bouge pas alors il se tord tel un poing d’interrogation. Il hausse son corps vers elle , au milieu de cette vaste piste devenant ainsi une proie facile pour l’aigle qui passe. Pauvre serpent happé d’un geste rapide.  
(Brigitte)

Jeu de regards


Je la vois qui marche lentement, la tête haute, puis elle s’arrête. Il semblerait qu’elle cherche la direction à prendre. Elle a de grands yeux. Je me dis : « tiens, ne viendrait-elle pas vers moi ? Je suis calé devant mon pastis, je mange quelques cacahuètes tout en laissant mon regard sur elle pour voir où elle va aller. Elle hésite puis se rapproche de ma table. Ne voulant pas avoir l’air de la guetter je regarde par la fenêtre. Du moins je tourne la tête mais je garde toujours un œil vers elle. Elle s’arrête à nouveau. Je suis déçu car elle bifurque sur la gauche.
J’allais m’occuper d’autres chose, me plonger dans mon journal mais elle se dirige de nouveau vers moi. Je suis content : elle me regarde. Elle a de la chance car je me dis : « araignée du soir… espoir ». Elle vivra encore un peu mais si ça avait été le matin !
(Christian Duvoy)


La voyeuse


Que faisait-elle dans le vestiaire des hommes
Cette voyeuse qui nous matait dans les douches 
Et tortillait l’arrière train en déambulant entre les casiers.
Se cachait-elle dans les recoins de la pièce ?
Peut-être croyait-elle que l’on ne la verrait pas
Quelle pourrait piquer la nourriture
Dans nos sacs de sport
Sans aucun risque de se faire prendre.

Malheureusement pour elle, je me suis assis dessus
et je l’ai écrasée de tout mon poids.
Quelle horreur d’avoir les œufs de cette blatte collés aux fesses !
(Florent C.)


L’exploitation de l’ouvrier


Quel beau travailleur ! Pour nourrir les siens, il revendique dans l’ombre d’un espace, son territoire.
C’est en maître des lieux qu’il agit, se jouant de la lumière du jour, ce bellâtre de la rue va à sa guise en quête de gourmandise.
Tout de blanc vêtu c’est sans troquer son costume qu’au bal sans fanfare, ce danseur se glisse, s’infiltre, se faufile entraînant dans ses pas un défilé d’amateurs qui ramèneront à leur reine, déposeront à ses pieds leur butin sans mériter de sa part un merci.
Pauvre termite ouvrier !
(Didier L.)


La travailleuse noire


Une élégante travailleuse noire fait un trajet du feu rouge à l’autre bout du café où je suis si bien assis. Cette précieuse basanée de petite taille mais à l’allure décidée porte un fardeau impressionnant sur son dos. Elle passe en ce beau jour de printemps comme une plume légère et pourtant elle avance en trimballant quelque chose d’apparemment très important. Mais sa pose fière et seigneuriale reste la même. Elle laisse de minuscules mais très nombreuses empreintes sur le pavé légèrement humide. Je les admire et voudrais les emporter.
Le parfum de cette saison des fleurs éblouissantes se répand derrière ses petits pas. Elle qui n’a pas la moindre importance pour le patron du bar passe d'un trot  simple et normal mais quand elle ose se reposer sur la table ce goujat la gifle.
Elle tombe sans son fardeau désormais disparu à tout jamais.  Elle repart. Il va pleuvoir, cela se sent. On dirait qu’elle accélère son pas. Les courbes de son arrière train me fascinent. Elle me fascine !
Et je suis le seul au monde - moi qui ne lève pas mon nez dédaigneux vers le ciel – à avoir vu passer du feu rouge à l’autre bout du café cette travailleuse si mal accueillie, cette fourmi.
( Rolland Pauzin)


Danseuse aux bises légères


Après le départ définitif de ma femme, je me retrouve assis à la terrasse d’un café. Je regarde passer les gens avec une certaine tristesse puis un sourire apparaît sur mon visage.
Une svelte danseuse aux habits oubliés m’envoie des bises et des bises. Cette brise de bises me décoiffe. Certains de mes voisins la chasse mais moi j’adore ses longs membres noirs qui sont passés du trottoir à ma table. Quelle légèreté ! Quelle frivole parade de ballerine ! Quelle souplesse de déesse !
Une nouvelle vague de bises me fait tourner la tête. Le petit picotement qu’elle a su laisser sur ma joue m’excite. J’essaie de lui mettre la main dessus, ou même dessous, mais elle s’échappe cette coquine. Une petite bataille, amoureuse ou non, s’ensuit. Puis quelques bises de plus et la voilà déjà partie comme ma femme.
Au fond j’en suis heureux, car c’est une bestiole du genre masculin : un moustique.
( Rolland Pauzin)

TABEAU: Dali - Sauterelle du GRAND MASTURBATEUR