Gif Atelier


L'atelier d'écriture de Gardanne se déroule au siège de l'AAI, 35 Rue Borely, 13120 Gardanne
chaque vendredi de 14h à 16h.
Pour contacter l'AAI utiliser l'adresse e-mail : aai.esj@wanadoo.fr ) ou téléphoner au 0442515299

L'atelier d'écriture de la Méjanes d'Aix se déroule chaque jeudi de 10h à 12h à la Mareschale, 27 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence (TEL : 04.42.59.19.71 - e-mail Ecrits.Alaai@gmail.com ) et aussi le premier lundi du mois (même heure, même lieu).

L'animation ci -dessous représente l'aspect avant tout ludique de cet atelier gratuit ouvert à tous. Du rire et de la légèreté...

jeudi 13 juin 2013

à la Marie Bornasse

Wilson Alwyn Bentley - Première photo de flocons de neige

Atelier du vendredi 24 mai

consigne 1 :
écrire 4 fragments sur un personnage obsessionnel,
écrire 2 fragments utilisant 2 mots piochés,
écrire un dernier fragment utilisant le « je »,
en prenant pour exemple « Marie Bornasse » de Cécile Richard

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Gérard Genêt porte un nom de fleur. Grâce à ça, Gérard aime la nature et les choses qui sont naturelles. Gérard aime observer ces choses naturelles que sont les corps nus des baigneurs sur la plage des naturistes. Gérard aime imprimer ses observations sur le négatif de la pellicule de son appareil photo. La nuit, Gérard s’enferme dans le noir et exhume du liquide acide du bac de révélateur, les images de ses obsessions. Gérard accroche les images sur des fils de nylon avec de grosses épingles à linge en bois. Un sourire ravi se dessine alors sur le visage de Gérard qui découvre deux grosses incisives projetées vers l’avant. Le labo de Gérard ressemble à un terrier de lumière rouge dans lequel s’accumulent les corps nus, jeunes et vieux que Gérard a réussi à capturer sur la plage.
J’aime ressembler au lapin tapi au fond de sa tanière. Ça me rapproche de la nature et des choses qui sont naturelles. Ces choses que j’enferme dans ma boite noire pour mieux les posséder.

(Françoise K.)

Ratonnade


À 7 h, comme tous les matins, Robert Dumlu court vers les poubelles et interpelle ses voisins. Pour lui, il est interdit de jeter de la nourriture. Il passe deux heures assis devant ce paysage au parfum pourrissant, tout en guettant les rats... et les éboueurs.

À 10 h, Bob alimente les rats du quartier avec des cubes spécialement créés pour ces soi-disant porteurs de la peste. « Oui, pour sûr, la peste va revenir » peste Bob en sueur.

À 11 h, l'anxieux Bob, aux allures de Serge lama se sent faiblir. « je suis malade » se dit-il. « ces foutus bestioles rampantes, probablement des immigrées clandestines, sont arrivées par le port pour nous massacrer sournoisement ! ». Il appelle son docteur et décrit ses symptômes, mais le toubib a d'autres chats à fouetter et ignore ce paranoïaque hypocondriaque.

À midi, M. Dumlu, désespéré, se défenestre ! Bing ! Boum, bada-boum ! Le vélo posé contre le mur de sa maison, juste en dessous de la fenêtre, reçoit ce grand corps, plutôt maigre, entre la selle et le guidon. « Heureusement qu'il habite au rez-de-chaussé ! Il m'aurait pété quelques rayons, sinon. » se dit la bicyclette qui est bien plus intellectuelle qu'on ne le suppose.
À cet instant, une douzaine de rats sautent des poubelles et dans cette fuite courageuse on entend Robert les insulter avec un langage imagé et haineux.

À 13 h, il regarde avec stupeur quelques insectes se faisant la course autour de son corps voûté et rougi. Les microbes, les virus peuvent se loger sur ses poils. Pour éviter tout risque, il s'épile de haut en bas et de droite à gauche. Il jette ensuite le tout dans la poubelle communautaire d'où sort un rat solitaire. Il le chasse avec une poêle, sans se rendre compte qu'il est à poil. Manqué, raté ! Les rongeurs lancent des rires narquois.

À 14 h, son réveil sonne. Il est tout déprimé et n'a pas la force de rappeler son médecin. Les rougeurs couvrent de plus en plus son corps. La peau est très irritée. Il découvre aussi une nouvelle ride lorsqu'il se pose devant son miroir. Il vieillit vite et les petites crottes des rongeurs le désespère. Cinq minutes plus tard, il découvre deux nouvelles rides sur son front et une autre entre ses fesses.

À 15 h, M. Robert Dumlu est allongé, nu comme un vers et rouge comme un bolchevique. On l'entend gémir :
« Je suis empesté !
Je suis seul et abandonné !
Je suis un roi déchu !
Je sue de la suie !
Je suis mais ne serais plus dans une heure !
Les doc sont des tueurs semblables aux rats !
Je suis mourant !
Je suis mou...
mmm... »

15 h 12, le raton bastonneur n'est plus.

(Rolland Pauzin)

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Elle

Le matin, elle arrive de son monde, elle cherche LE micro. On dirait d'elle, trois pots de fleurs superposés sur deux échasses en déséquilibre ou encore trois pneus de différentes dimensions plantés sur deux cannes. La tête posée sur le tout. Par pureté d'âme et aussi pour ne vexer personne, nous l’appellerons ELLE. Son activité principale est: « SANS » et son activité obsessionnelle est : « l'année prochaine »..
Elle n'aime pas bouger et n'accepte de le faire que pour installer son coin repos : boissons lunettes, bouquin, coussin, couverture. Elle a déjà planifié tout son agenda, elle ne le regarde qu'une fois le matin. De toute façon, elle ne programme qu'une activité par jour, Elle a besoin de repos.

(Christian Duvoy et Brigitte)