Gif Atelier


L'atelier d'écriture de Gardanne se déroule au siège de l'AAI, 35 Rue Borely, 13120 Gardanne
chaque vendredi de 14h à 16h.
Pour contacter l'AAI utiliser l'adresse e-mail : aai.esj@wanadoo.fr ) ou téléphoner au 0442515299

L'atelier d'écriture de la Méjanes d'Aix se déroule chaque jeudi de 10h à 12h à la Mareschale, 27 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence (TEL : 04.42.59.19.71 - e-mail Ecrits.Alaai@gmail.com ) et aussi le premier lundi du mois (même heure, même lieu).

L'animation ci -dessous représente l'aspect avant tout ludique de cet atelier gratuit ouvert à tous. Du rire et de la légèreté...

lundi 18 mars 2013

cut-up d'un trésor d'Espagne


Atelier du 22 février 2013

Camille Pissarro - Le linge et l'étendoir

Cut up



Consigne : Utiliser la méthode du cut up pour écrire un nouveau texte à partir d'un chapitre du Trésor de la guerre d'Espagne de Serge Pey. On prendra 20 lignes de ce texte au hasard et on les ordonnera différemment. Bien sûr ces lignes extraites ne devront pas se suivre dans le texte original et devront même être assez distantes les unes des autres.
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Ce matin, ma mère semblait chanter pour un dieu, des phrases que le ciel liait comme les points de ponctuation d'une grammaire de silence.

On cherchait le feu, le grand fagot du soleil, un feu à l'autre bout du champ.

Sans danger, si elle laissait une paire de pantalons, les pantalons sur le fil, avec nos draps et nos chemises, les draps posés à même l'herbe.La cabane aussi brûlerai.

Elle attendait toujours dans sa cabane, un companero.

Ma mère avait sorti les fleurs comme pour célébrer la fin de cette attente.

Comment comprendre qu'elle attendait parfois le camion bleu de la gendarmerie, c'est le docteur qui l'avait mal renseigné.

Ma mère sortant les fleurs, je compris sa précipitation quand je vis, encore jamais employés ainsi, avec la bouche et avec les mains, tous ses mots à elle, les vêtements, en train de brûler et avec toute sa raison.

(Brigitte)

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Mère liberté


      C'était son métier. Elle avait des épingles plein la
file de camions bleus de la gendarmerie.

      Quand je passais le seuil de la porte, ma mère me
lisait la terre car les empreintes étaient des écritures
sans danger. Si elle laissait une paire de pantalons
dans leurs camions, leurs amis, de l'autre coté
ne comprenaient pas. La guerre civile n'était pas encore finie,
oiseau. Ma mère en sortant les fleurs, à l'abri dans le
soleil, était de retour. Ce soleil qui disparaissait parfois
déversait des dizaines de gardes mobiles armés de
secrets. Mais ce matin, alors que je prenais mon
cailloux comme les points de ponctuation d'une
jupe de ma sœur (Attention, personnages suspects !)
comment comprendre qu'elle étendait parfois le...
le droit de manifester que le passage était libre et
unique où elle vit. Car il faut toujours guetter pour
la route. Et aux feux inconnus des bergers,
j'étais fier. J'étais devenu une conjugaison presque
nue.
       Le camion sur la route, juste derrière la grange,
se souvient, chaque matin, d'un temps où la liberté
l'avait couché sur l'herbe puis était partie l'allumer.

(Rolland Pauzin)

Berthe Morisot1875 - L étendage de- la lessive


Référence :  

- texte original utilisé dans cet exercice lu par l'auteur, Serge Pey : Le linge et l'étendoir du Trésor d'Espagne.



Tableau : Camille Pissarro - Le linge et l'étendoir et Berthe Morisot 1875 - L étendage de- la lessive