Gif Atelier


L'atelier d'écriture de Gardanne se déroule au siège de l'AAI, 35 Rue Borely, 13120 Gardanne
chaque vendredi de 14h à 16h.
Pour contacter l'AAI utiliser l'adresse e-mail : aai.esj@wanadoo.fr ) ou téléphoner au 0442515299

L'atelier d'écriture de la Méjanes d'Aix se déroule chaque jeudi de 10h à 12h à la Mareschale, 27 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence (TEL : 04.42.59.19.71 - e-mail Ecrits.Alaai@gmail.com ) et aussi le premier lundi du mois (même heure, même lieu).

L'animation ci -dessous représente l'aspect avant tout ludique de cet atelier gratuit ouvert à tous. Du rire et de la légèreté...

jeudi 13 décembre 2012

traduction métamorphose de Narcisse


Salvador Dali - la métamorphose de Narcisse

Atelier 14 décembre 2012

1 - Consigne : choisir une qualité et un défaut d’un être humain : généreux, souple, élégant… méchant… (au moins 5 lettres)

Ensuite disposer les lettre de l’adjectif choisi (1 des 2) verticalement et puis écrire une phrase suivant chacune de ses lettres de façon à décrire sa maison ou ses vêtements ou sa voiture ou autre chose dont il est le propriétaire. Sans jamais employer cet adjectif (ou même un mot de la même famille) mais le lecteur doit comprendre qu’effectivement cette description correspond bien à cette qualité/défaut.
Exemple :

Beaucoup d’hommes sont méchants, bagarreurs, violents, sournois mais Pierre lui, est l’opposé de tout ça
On s’en rend compte quand il vous sourit, vous offre un cadeau, vous console.
Nuire aux autres, il ne saurait le faire.

2 - Consigne : réécrire le texte de Dali en ne gardant que les voyelles dans l’ordre initial et en changeant librement les consonnes.

Un amant dans l’or miré  admire l’esprit ivre de sa mine,
Le reflet dure. Il  voit l’os d’un  mutant.

Un grand front rongé attire vers  l’avant les hivers passés.
Amant où est gravé l’éthéré?
Y vois-tu l’être mort ?
Feins-tu d’arrêter l’arc temps ?
Tu opposes le vécu du gras membre à l’ordre ravi.

Quand l’anatomie claire et divine de Narcisse
 se penche sur le miroir obscur du lac,

quand son torse blanc plié en avant
 se fige, glacé,
 dans la courbe argentée et hypnotique de son désir,
 quand le temps passe
 sur l’horloge des fleurs du sable de sa propre chair,

Narcisse s’anéantit dans le vertige cosmique
 au plus profond duquel chante
 la sirène froide et dionysiaque de sa propre image.
 Le corps de Narcisse se vide et se perd
 dans l’abîme de son reflet,
 comme le sablier que l’on ne retournera pas.

Narcisse, tu perds ton corps,
 emporté et confondu par le reflet millénaire de ta disparition,
 ton corps frappé de mort
 descend vers le précipice des topazes aux épaves jaunes de l’amour,
 ton corps blanc, englouti,
 suit la pente du torrent férocement minéral
 des pierreries noires aux parfums âcres,
 ton corps…
 jusqu’aux embouchures mates de la nuit
 au bord desquelles
 étincelle déjà
 toute l’argenterie rouge
 des aubes aux veines brisées dans « les débarcadères du sang ».

Narcisse,
 comprends-tu ?
 La symétrie, hypnose divine de la géométrie de l’esprit, comble déjà ta tête de ce sommeil inguérissable, végétal, atavique et lent
 qui dessèche la cervelle
 dans la substance parcheminée
 du noyau de ta proche métamorphose.

La semence de ta tête vient de tomber dans l’eau.
 L’homme retourne au végétal
 et les dieux
 par le sommeil lourd de la fatigue
 par l’hypnose transparente de leurs passions.
 Narcisse, tu es si immobile
 que l’on croirait que tu dors.
 S’il s’agissait d’Hercule rugueux et brun,
 on dirait : il dort comme un tronc
 dans la posture
 d’un chêne herculéen.
 Mais toi, Narcisse,
 formé de timides éclosions parfumées d’adolescence transparente,
 tu dors comme une fleur d’eau.
 Voilà que le grand mystère approche,
 que la grande métamorphose va avoir lieu.

Narcisse, dans son immobilité, absorbé par son reflet avec la lenteur digestive des plantes carnivores, devient invisible.

Il ne reste de lui
 que l’ovale hallucinant de blancheur de sa tête,
 sa tête de nouveau plus tendre,
 sa tête, chrysalide d’arrière-pensées biologiques,
 sa tête soutenue au bout des doigts de l’eau,
 au bout des doigts,
 de la main insensée,
 de la main terrible,
 de la main coprophagique,
 de la main mortelle
 de son propre reflet.
 Quand cette tête se fendra
 Quand cette tête se craquellera,
 Quand cette tête éclatera,
 ce sera la fleur,
 le nouveau Narcisse,
 Gala – mon narcisse

***

Salvador Dali (1904-1989)

Référence : Homovocalisme voir l'exemple de Jacques Bens 

Au clair de la lune
Mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot

Au train de nature
Nos amitiés d'or
Quel émoi s'allume
Douce brise union.




TABLEAU : la métamorphose de Narcisse (de Salvador Dali)